Mondiaux d’athlétisme : Xaysa Anousone, seul coureur du Laos

septembre 1st, 2013 by suryasp | 1 057 views / vues


http://www.lemonde.fr – 12.08.2013



L’athlétisme est un sport universel pratiqué sur tous les continents. A Moscou, lors des Mondiaux, 203 délégations sont représentées. Comme le répète à l’envi Ghani Yalouz, directeur technique national de l’athlétisme français, s’y intéresser est une belle manière d’apprendre la géographie.

Ne faisons pas injure à l’ancien lutteur, il connaissait certainement déjà le Laos avant sa reconversion, mais une chose est sûre, il ne connaît pas Xaysa Anousone, 19 ans, unique membre de la délégation laotienne présente en Russie.

Pour être honnête, et même s’il n’y a point de hasard si l’on en croit Voltaire, c’est un sacré coup de chance que d’avoir croisé la route du jeune spécialiste du 110 m haies et de son entraîneur Sitthisay Sachpaseuth. Attirés par les lumières du Kremlin, nos envies touristiques se sont croisées au bon moment, deux jours avant le début de la compétition. Et la curiosité a fait le reste.

« LE MEILLEUR, C’EST LUI »

Au premier abord, impossible de deviner la discipline pratiquée par le jeune homme souriant. Loin des gabarits très stéréotypés de beaucoup d’athlètes professionnels, le frêle garçon pourrait tout aussi bien être un sauteur qu’un coureur de demi-fond. « L’IAAF [International Association of Athletics Federations] nous a envoyé une invitation pour un seul athlète car au Laos, nous n’avons pas de bons résultats. Normalement, on choisit toujours un sprinteur. Et le meilleur, c’est lui », explique l’entraîneur.


Selon les statistiques officielles, le record personnel du Laotien est de 14 s 62, réalisé en 2012. Par coquetterie, c’est un chrono de 14 s 07 qui est avancé par Sitthisay Sachpaseuth comme meilleure performance de son protégé. Au centre national du sport à Vientiane, la capitale, il s’occupe d’environ une trentaine d’athlètes, aidé par cinq assistants dans les disciplines de saut, de lancer ou de course.

A Moscou, le petit sexagénaire n’est pas dépaysé. En 1980, cinq ans après l’instauration de la République démocratique populaire lao, régime communiste à parti unique, les sportifs laotiens sont conviés par le grand frère soviétique aux JO de Moscou. « La ville a beaucoup changé, mais je reconnais le stade, le parc autour et quelques buildings. A l’époque, nous étions sept athlètes et on s’est bien occupé de nous », se souvient-il.

Spécialiste du saut en longueur et du 100 m, il a arrêté en 1982, choisissant une reconversion en technicien grâce à des formations dispensées par l’IAAF. « L’athlétisme a démarré officiellement au Laos deux ans avant les Jeux de Moscou. On a continué mais doucement, tout du moins on essaie », explique-t-il dans un grand éclat de rire.

Dans le sud-est asiatique, l’argent se concentre sur le sport roi, le football. « Le sepak Trakaw [sorte de football acrobatique] et la boxe sont aussi populaires. L’athlétisme c’est 80 % pour le fun, 20 % pour la compétition », précise Sitthisay Sachpaseuth.
SUITE…


Posted in laos

Leave a Comment

Please note: Comment moderation is enabled and may delay your comment. There is no need to resubmit your comment.