Laos, les pêcheurs de l’extrême

février 9th, 2014 by suryasp | 2 085 views / vues


http://www.lefigaro.fr 03/02/2014

REPORTAGE – Rien de tel que des rapides pour piéger les nombreuses espèces de poissons d’eau douce qui fraient dans le Mékong. Mais les pêcheurs des chutes de Khone, au sud du Laos, risquent chaque jour leur vie pour y parvenir.



L’endroit porte un nom étonnant pour qui connaît un peu la géographie du Laos, un pays enclavé entre Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Chine et Vietnam, sans aucun accès à la mer ; on l’appelle en effet Si Phan Don, «les 4000 îles». Des îles enchâssées entre les bras innombrables du fleuve Mékong, qui se démultiplie ici en une gigantesque résille d’eau afin de contourner les hauteurs et de franchir les empilements de rochers qui bloquent son passage. Autant dire que ce faux delta parsemé d’îlots herbeux est absolument superbe mais rarement navigable.


Juste avant la frontière avec le Cambodge, à l’extrême sud du Laos, on tombe ainsi sur une barrière naturelle qui a donné naissance à l’une des plus belles chutes d’eau du monde, surnommée à ce titre «le Niagara de l’Extrême-Orient». Il s’agit des cascades de Khone Pha Pheng, qui rugissent sur près de 10 kilomètres de dénivelé à travers un escalier dantesque de roches basaltiques et granitiques plissés par de très anciennes éruptions volcaniques.
Les jeunes garçons s’entraînent dès l’âge de 10 ans

Rien qu’à les voir et à les entendre gronder, on mesure le danger qu’il y aurait à trop s’en approcher. Mais c’est pourtant ce que fait chaque jour le petit peuple de pêcheurs installé sur l’île de Khone depuis des siècles, y compris par temps de mousson, entre les mois de mai et de novembre, lorsque le débit du fleuve Mékong grossit au point d’endommager ou d’arracher les pièges en bambou qui leur assurent leurs plus belles prises.

Dans ces cas-là, faute de pouvoir emprunter les frêles passerelles suspendues au-dessus du gouffre ou de pouvoir marcher sur des rochers constamment giflés ou submergés par des vagues écumantes, les plus aguerris des pêcheurs sont obligés de se jeter carrément dans le flot bouillonnant, cramponnés des deux mains à une simple corde, le couteau qui leur sert à réparer leur piège coincé entre les dents. SUITE…


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